Affaire Babchenko : intolérable et inadmissible

Vingt-quatre heures après l’annonce de sa mort, le journaliste russe Arkady Babchenko est apparu vivant, mercredi 30 mai, lors d’une conférence de presse à Kiev, ville où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos le 29 mai.
La FIJ relayait très vite la mauvaise nouvelle sur ses réseaux sociaux et se joignait à son affilié russe et à ses membres ukrainiens pour demander l’ouverture très rapide d’une enquête sur cet assassinat. Mais l’issue de cette histoire, en dehors du fait qu’elle ait été organisée et exploitée par les services ukrainiens avec probablement des conséquences diplomatiques graves, renforce partout l’idée du grand complot, auquel participeraient les journalistes et les politiques.
"Arkady Babchenko est toujours en vie et peut continuer à exercer son métier de journaliste critique: la nouvelle est excellente, a déclaré Philippe Leruth, le président de la FIJ. Mais en répandant faussement la nouvelle de son assassinat, les autorités ukrainiennes ont gravement porté atteinte à la crédibilité de l'information, et leur communication court le risque d'être prise pour une opération de propagande. Pour faire échec à un attentat présumé contre Arkady Babchenko, fallait-il passer par pareille supercherie? La Fédération Internationale des Journalistes lutte contre l'impunité dont bénéficient les assassins de journalistes, mais elle réclame aussi la transparence de l'information. Et elle rappelle qu'en Ukraine, les assassins de Pavel Cheremet et leurs commanditaires n'ont jamais été identifiés."
"Nous ne sommes plus dans une affaire journalistique, mais dans un grand cirque orchestré par des militaires et par un journaliste qui était menacé de mort depuis des semaines, a ajouté Anthony Bellanger, secrétaire général de FIJ. Mais il est intolérable de mentir aux journalistes du monde entier et de tromper des millions de citoyens qui se sont émus à juste titre de ce soi-disant assassinat. Il est inadmissible enfin d’orchestrer la mort d’un journaliste, surtout quand deux d’entre eux tombent toutes les semaines depuis janvier, dont le dernier au Mexique ce 29 mai."

Publié le : 
Jeudi, 31 Mai, 2018
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