La direction d’OF s’entête : la lutte continue

Grève reconduite, manifestation à Rennes et vote d'une motion de défiance : une telle mobilisation est historique à Ouest-France.

 

(Communiqué de l'intersyndicale CFDT, SNJ, CGT)

Deux cents salariés de tous les départements et du siège, appartenant à Ouest-France et aux titres des journaux de Loire, se sont rassemblés, ce lundi, au siège tandis que de nombreux autres collègues étaient en grève dans les rédactions : une telle mobilisation à la rédaction est historique et manifeste clairement l’émotion et le refus que suscite le projet de réorganisation de la direction.

Lors d’une réunion avec les représentants des syndicats, la direction générale entendait exposer à nouveau son projet qui prévoit, notamment, de réduire à peau de chagrin la présence du journal dans les deux départements de la Sarthe et du Maine-et-Loire.

Assurant avoir entendu « l’émotion », la direction a annoncé qu’elle irait expliquer son plan aux équipes directement touchées et qu’elle traiterait au mieux les situations individuelles. Mais qu’en tout état de cause il n’était pas question de retirer son projet, comme nous le lui demandions.

Manifestement, elle n’a pas compris que le refus très largement partagé concerne autant la dégradation de situations individuelles que l’avenir du journal et sa capacité à poursuivre sa mission.

Nous avons la conviction que ces mesures de réduction des charges, loin de relancer la diffusion, vont accélérer la fuite des lecteurs et des annonceurs. L’histoire des dernières décennies ne manque pas d’exemples semblables dans la PQR.

Face à cet entêtement qui ressemble de plus en plus à un gros manque d’imagination, les salariés présents ont voté, à une très large majorité, une nouvelle journée de grève, demain mardi 18 septembre. Il s’agit, à nouveau, de faire comprendre à la direction qu’elle fait fausse route. Aucun plan ne réussira sans l’adhésion des équipes.

A l’unanimité des présents, les salariés d’Ouest-France et des journaux de Loire ont décidé d’adresser aux dirigeants du groupe SIPA une motion de défiance. Il faut absolument qu’ils sortent de la pensée unique
qui ne voit d’issue que dans la baisse des charges. Faute de quoi, le jour viendra où les charges auront tellement baissé qu’on ne sera plus capable de rien produire du tout.

Les équipes sont invitées à se réunir dans les rédactions afin d’échanger des idées pour poursuivre la mobilisation.

Dans tous les départements, appelons les lecteurs et les élus à témoigner leur soutien et leur attachement à leur journal. Par des pétitions, des réactions sur les réseaux sociaux, des mails, des courriers…
Le 1er octobre, jour où débutera officiellement la procédure de consultation des comités d’entreprise des différents journaux, nous serons en grève et irons tous manifester à Angers, Le Mans et en Loire-Atlantique
pour défendre le pluralisme de l’information et nos emplois. Si les journalistes sont particulièrement visés par le plan actuel, tous les emplois sont concernés à terme.

Nous allons continuer de répéter, en espérant que la direction finira par entendre, qu’elle n’inventera pas seule le journal de demain. Les entreprises du groupe SIPA regorgent de talents, d’énergies et d’idées. Il est grand temps que nos dirigeants s’en rendent compte et apprennent à les mobiliser.

 

Motion de défiance vis-à-vis de la direction du groupe SIPA Ouest-France

Avec leur projet Nouvelle organisation des rédactions (NOR), les directions de Ouest-France, du Courrier de l'Ouest, du Maine Libre et de Presse-Océan, membres du groupe SIPA OuestFrance,
ont rompu la confiance avec leurs salariés. 
En fondant ce projet sur la mutualisation des contenus, elles piétinent le principe du pluralisme des médias et engagent les quatre journaux dans une stratégie suicidaire. En fermant six rédactions, en réduisant à peau de chagrin trois départements, ce plan porterait gravement atteinte à la qualité de l'information de terrain.
Jusqu'à quel point ce projet a-t-il été véritablement réfléchi ? Il ne se fonde que sur des économies et ne prévoit aucun développement d'envergure. Sa faisabilité est jugée techniquement irréaliste par les équipes de terrain.
Les dirigeants nous rappellent que nous sommes dans une nouvelle ère du numérique. Précisément, comment affronter la mutation qui s'impose aux professionnels de l'information en se privant de 10% de la rédaction à Ouest-France, 25% de la rédaction à Presse-Océan, après avoir déjà amputé les effectifs des rédactions du Courrier de l'Ouest et du Maine Libre ?
Ce projet, s'il était mis en œuvre, précipiterait l'érosion de nos lectorats dans les départements concernés et ferait ainsi perdre le bénéfice éventuel des économies recherchées. Dans l'histoire de la presse, toutes les expériences de mutualisation ont échoué. Les anciens salariés du groupe Hersant s'en souviennent encore.
Les salariés du groupe SIPA Ouest-France demandent à la direction de retirer son projet.
Ils attendent de leurs dirigeants qu'ils soient ouverts, inventifs, constructifs, qu'ils respectent leur lectorat, renouent avec leur personnel, et manifestent leur foi en l'information de qualité.

Rennes, le 17 septembre 2018

Publié le : 
Lundi, 17 Septembre, 2018
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