Groupe Ebra : M. Carli, écoutez les salariés !

Philippe Carli, patron du groupe Ebra, doit rencontrer les représentants du personnel du Républicain Lorrain ce jeudi 14 juin. Aucun ordre du jour n’a été indiqué. Nous espérons que ce contact avec l’actionnaire ne se limitera pas à un simple acte de calinothérapie.

 

Philippe Carli doit mesurer l’ampleur du malaise provoqué par la fermeture de l’imprimerie, la perte accélérée des valeurs du Républicain Lorrain au profit du pôle ERV, l’éviction de journalistes en CDD dont beaucoup étaient présents dans l’entreprise depuis très longtemps, le flou entretenu sur l’avenir du prépresse, la pression imposée aux commerciaux, etc.

A cela s’ajoute la prochaine mise en œuvre dans l’ensemble du groupe du dispositif « Digital First », sur laquelle nous avons pour l’instant plus de questions que de réponses. Quels seront, concrètement, les moyens humains mis à la disposition de la rédaction ? Quelle implication pour les autres services de l’entreprise ? Comment sera préservée la qualité du journal papier, que le directeur général qualifiait jusqu’à une époque récente de « navire amiral » de l’entreprise ?

Signe de ce profond malaise, la rédaction a manifesté en mai son inquiétude en se solidarisant avec les consœurs et confrères dont les CDD n’ont pas été reconduits. Ce mouvement a mis en évidence les difficultés croissantes de certaines agences et services pour simplement remplir leurs missions, difficultés aggravées par les conditions imposées par le transfert de l’impression à Houdemont.

La direction a implicitement reconnu ces difficultés, et s’est engagée à intégrer 3 CDI dans les locales et 2 CDD « structurels » (de longue durée) aux Sports, ce qui constitue le strict minimum. Dans l’attente de la concrétisation de ces promesses, les syndicats de journalistes ont déposé un « préavis de grève sans échéance » pouvant être activé à tout moment.

Le mouvement de la rédaction a également révélé l’incompréhension générale face au manque d’information et surtout de concertation entre les personnels de terrain et la technostructure, un sentiment que l’on trouve d’ailleurs dans l’ensemble des départements du Républicain Lorrain.

Philippe Carli doit comprendre que ce fonctionnement est le plus mauvais moyen de provoquer l’adhésion des salariés au projet de l’entreprise, d’autant plus que les nouvelles provenant de l’ensemble du groupe Ebra montrent que les réductions d’effectif constituent le principal levier utilisé pour rétablir la rentabilité.

L’entreprise est minée par de telles incertitudes que chacun, dans tous les services et à tous les étages, attend une communication sincère et précise sur l’avenir. Les élus et représentants CFDT ne se satisferont pas d’un discours technocratique et lénifiant ; comme vous, ils exigent la transparence et la concertation.

Publié le : 
Jeudi, 7 Juin, 2018
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