I-télé : la grève continue à la rédaction pour défendre plus de 50 postes

Depuis lundi, seuls les bandeaux qui défilent sont d'actualité, sur I-télé. Le reste est de la rediffusion. Car une partie de la rédaction est en grève pour protester contre ce qu'elle appelle la casse de la chaîne. 70 postes sont en effet sur la sellette, dont une cinquantaine de CDD et de CDDU, dès cette semaine. Cela représente un quart des effectifs de la rédaction, selon les grévistes.

Les journalistes redoutent aussi la fermeture de l'antenne entre minuit et 6h du matin à partir de la rentrée.
La colère monte dans les équipes depuis la prise en main du groupe Canal par Vincent Bolloré. La rédaction avait déjà voté une motion de défiance contre le nouveau directeur de la rédaction d'I-télé, Serge Nedjar, début juin, pour protester contre les suppression de postes et un projet éditorial qui introduisait la possibilité de publi-reportages. Sans parler des actions de censure qui font déprogrammer tel ou tel programme d'investigation sur les différentes chaînes du groupe.
Des journalistes de Canal + ont rejoint le mouvement mercredi. Les chiffres de grévistes varient, entre 30 et 100 selon les sources.
La grève a été reconduite ce matin, lors d'une assemblée générale qui a rassemblé 131 salariés. 62 ont voté pour la reconduction, 36 contre, 33 se sont abstenus.

Voici le communiqué des grévistes, qui, mercredi, n'avait toujours pas été relayé sur la chaîne, malgré leur demande :

 

"CONTRE L'INFORMATION EN DISCONTINU

Depuis lundi 27 juin 11h, iTÉLÉ n'est plus en mesure de vous informer. À l'antenne, des rediffusions de reportages d'archives sans lien avec l'actualité. Lors d'une assemblée générale lundi matin, la majorité des salariés présents ont voté un mouvement de grève reconductible. Une première depuis la création de la chaîne en 1999.

Nous aurions aimé pouvoir en informer nos téléspectateurs. La direction a refusé. Aucune mention n'a été possible. Ni par l'intermédiaire des présentateurs de journaux, ni par celui du bandeau déroulant, ni par le biais du site et des réseaux sociaux d'iTÉLÉ. Vous avez été nombreux à le déplorer. Nous en sommes les premiers désolés.

Si nous ne vous informons plus depuis lundi c'est parce que nous nous battons pour continuer à vous offrir une information de qualité. À l'automne dernier, devant les personnels, Vincent Bolloré, actionnaire principal, s'engageait à investir dans une chaîne ambitieuse. Dix mois plus tard, les salariés assistent impuissants à la casse d'iTÉLÉ.

52 contrats d'usage et à durée déterminée sont supprimés cette semaine dans un plan social qui ne dit pas son nom. Soit environ un quart des effectifs de la rédaction. Ces postes de journalistes (rédacteur en chef, reporters, JRI, chefs d'édition, assistants d'édition, assistants présentateurs, programmateurs, documentalistes...) sont fondamentaux. Ils préparent et mettent à l'antenne 20h d'information par jour, 7 jours sur 7. La collaboration avec de nombreux pigistes est également menacée.

Ces suppressions vont dégrader dès cet été la qualité de nos journaux et de nos rendez-vous d'information. Dans un contexte de concurrence accrue, la direction fait le choix de la rentabilité. La grille de rentrée sera raccourcie et marquée par l'apparition de rediffusions de JT en pleine journée. Nous ne serons donc plus en mesure de vous informer en temps réel.

Canal+ est en crise. Aujourd'hui c'est au tour de sa filiale iTÉLÉ d'être dans la tourmente malgré des audiences en hausse cette année. Son avenir est en jeu.

Nous vous devions cette explication.

Les salariés d'iTÉLÉ"

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