Inde : deux journalistes tués en moins de 10 jours

Le 21 novembre, Sudip Dutta Bhaumik a été abattu à bout portant à Agartala (Tripura), dans le nord-est de l'Inde. Bhaumik, un journaliste chevronné de Syandan Patrika, un important journal en langue bengali de Tripura, était allé rencontrer le commandant du deuxième bataillon du Tripura State Rifles (TSR) à RK Nagar, à environ 20 kilomètres de la capitale de l'État, Agartala.
Bhaumik avait obtenu un rendez-vous avec le commandant, mais, arrivé au bureau, il y eut un différend avec le responsable de la sécurité personnelle (PSO) armé du commandant. Le PSO, Nandu Riyang, aurait tiré sur Bhaumik à bout portant.
Bhuamik est le deuxième journaliste tué à Tripura en moins de deux mois après la mort de Santanu Bhowmik à la suite d'une attaque alors qu'il couvrait des affrontements locaux.
Le 30 novembre, Naveen Gupta, 35 ans, correspondant de l'Hindustan, a été abattu à Bilhaur, Uttar Pradesh. Gupta a été abattu alors qu'il sortait de toilettes publiques, derrière une boutique appartenant à son frère. Les assaillants ont fui immédiatement, mais Gupta est mort lors de son transport à l'hôpital. Il a reçu cinq balles au visage et sur le torse. Il laisse derrière lui sa femme et son fils de cinq ans. (Bulletin de décembre de la FIJ Asie-Pacifique).
Le 5 septembre dernier, la journaliste Gauri Lankesh, 55 ans, avait été tuée par balles devant chez elle à Bangalore, dans le sud du pays par des hommes armés. Ses enquêtes critiques sur le nationalisme hindou lui avaient valu de recevoir des menaces de mort.
Bhuamik et Gupta sont les sixième et septième journalistes tués en Inde en 2017. Dix-neuf journalistes ont été assassinés en Inde depuis 2015, portant à 109 le nombre total de journalistes tués depuis 1990.

Le secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), Anthony Bellanger, après ce dernier assassinat, a déclaré: « La FIJ condamne le meurtre du journaliste Naveen Gupta à Kanpur, en Inde, et exprime de sérieuses inquiétudes quant à la poursuite des violences contre les journalistes dans la plus grande démocratie du monde. Le danger de la profession et de l'incapacité du gouvernement indien à protéger les journalistes et à mettre fin à l'impunité pour les crimes contre les journalistes. »
Avec la FIJ, la CFDT Journalistes « exige l'arrestation et la poursuite urgentes des assassins ainsi que des actions concrètes pour mettre fin aux violences contre les journalistes. »
Comme elle l'avait fait auprès des autorités maltaises après l’assassinat de Daphné Caruana Galizi, auprès de celles du Mexique où cent journalistes mexicains ont été assassinés depuis 17 ans dont 12 en 2017, la CFDT Journalistes exhorte les autorités indiennes à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des journalistes dans l'exercice de leurs missions d'information.

Publié le : 
Vendredi, 8 Décembre, 2017
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