Institut Pratique de Journalisme : un métier, mais pas toujours le même

 Lors du conseil pédagogique paritaire de l'Institut pratique du journalisme  (IPJ) de l'université Paris-Dauphine PSL (sciences et lettres), Pascal Guenée, Directeur de l’IPJ a présenté la 41ème promotion en présence des syndicats CFDT, CGC et SNJ, du SPIIL (patrons presse numérique) et de deux enseignantes.

La fournée 2018/2019 compte 49 élèves, un de plus que l’an dernier parce que deux étudiants sont arrivés ex æquo en 48ème place. Cette promotion compte un peu plus de garçons que de filles, 26 contre 23, 29 sont issus des régions, dix-huit de Paris Île-de-France, deux de l’étranger, quarante ont déjà effectué au moins un stage en journalisme. 39 ont une Licence, 10 un Master.

L’alternance prisée

22 ont choisi l’alternance et seulement quinze d’entre eux ont trouvé une place dans un média. 9 chez France Télévision, CNews et BFM TV, 1 chez Radio France, 5 dans le numérique, dans des pure players.

Aucun journal de la presse écrite ne prend de débutants. Les étudiants acceptés par Le Figaro, le Monde (PQN), les journaux en régions (PQR) pour un an en alternance, sont des étudiants de seconde année.

Les étudiants ne choisissent plus la radio comme spécialité, une explication : cette génération n’écoute pas la radio, elle aime la vidéo.

1/3 n’a pas de permis et pour trouver un emploi dans la presse écrite de région, il faut savoir conduire …

L’autre réalité : ces étudiants font de longues études pour, à la fin, avoir un travail (100% des étudiants formés par l’IPJ en trouvent un ) … mal payé, de plus en plus les étudiants de Paris Dauphine se dirigent vers des métiers plus rémunérateurs, dans la finance, la politique, la diplomatie, le droit, après avoir commencé dans les médias ...

Égalité des chances, un choix de l’IPJ 

10% des étudiants sont boursiers, ils ne s’acquittent ni des droits d’inscription, ni des frais de scolarité.

Les étudiants dont les revenus familiaux n’excèdent pas 45 000€ par an ne paient pas eux non plus de frais de scolarité.

 

L’orthographe aïe ! aïe ! aïe !

Il y a longtemps que l’orthographe défaillante n’est plus un cas d’échec à l’entrée à l’IPJ. Comme un grand nombre de jeunes de 19 à 27 ans (âges de la nouvelle promotion), ces étudiants arrivent avec une orthographe niveau CM2 (actuel).

Les professeurs ne sont pas là pour leur apprendre à écrire sans fautes de français, de grammaire, de vocabulaire, mais pour leur donner les bases du métier, écrire pour être lu, apprendre à « angler », à avoir du style, la rigueur, la structuration des idées etc.

L’IPJ offre la possibilité de se remettre au niveau 4 en 20 heures avec la plateforme Orthodidacte.com, payée par l’IPJ.

Insertion pro

La partie insertion professionnelle, droit du travail, convention collective nationale de travail des journalistes, est dispensée par le Directeur, ainsi que le suivi en entreprise.

Cette génération semble peu intéressée par cette matière et ne court pas après un CDI …

Mais ils ne zappent pourtant pas ce cours.

Quant à la carte de presse, ils ne savent pas encore à quel point elle est absolument nécessaire sur le plan financier et combien le fait d’être bien rémunéré, dans le respect des droits du journaliste, est une garantie pour le respect de la liberté de ceux qui informent, la presse étant un métier pas comme les autres, le rempart de la démocratie.

Prochain conseil pédagogique à l’IPJ, le 23 mai 2019.

Dominique Préhu

Publié le : 
Vendredi, 12 Octobre, 2018