Journée mondiale de la liberté de la presse : la France ne donne pas un bon exemple

 

À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, organisée le 3 mai par l’Assemblée générale des Nations Unies depuis 1993, la CFDT Journalistes constate qu'en France la liberté de la presse est particulièrement malmenée.

Au terme de la présidence Hollande, les attentes demeurent, malgré l'appel solennel au président de la République lancé fin juillet 2014 par les syndicats de journalistes français : pour la presse écrite, une réelle transformation des aides à la presse pour qu’elles répondent enfin au but visé lors de leur création, pour l’audiovisuel public, un financement pérenne et suffisant pour assurer correctement ses missions. Pour toutes les entreprises de presse : la reconnaissance juridique de l’équipe rédactionnelle qui permettra de remettre cette communauté de journalistes au centre même de leurs objectifs démocratiques. Et pour tous : une protection des sources renforcée au niveau de la loi et de la jurisprudence européennes. Nous attendons plus et mieux pour les lanceurs d'alerte…...

La CFDT Journalistes exige que cessent les entraves à l'exercice de la profession comme celles constatées durant les élections présidentielles en France.  Plusieurs candidats n'ont pas hésité à prendre à partie publiquement les journalistes chargés de couvrir les réunions publiques, quitte à dresser des salles entières contre les professionnels de l'information. Tenus à l'écart des déplacements, voire sélectionnés selon les titres auxquels ils collaborent, les journalistes sont contraints d'exercer leur métier à partir d'images fournies par les équipes des candidats. Fait rare 28 sociétés de journalistes et le comité de rédaction de La Voix du Nord ont signé un texte, appuyé par la CFDT Journalistes pou dénoncer « l'entrave à la liberté d'informer » par le Front national.

Le thème de la journée mondiale de la liberté de la presse 2017,  « des esprits critiques pour des temps critiques » encourage les Etats, les éditeurs, les professionnels de l'information, les citoyens à se mobiliser pour garantir ce bien précieux. Dans plusieurs pays d'Europe, la mission première de tout journaliste se heurte à des dérives autoritaires comme en Hongrieet en Pologne. L'exercice de la profession est rendue difficile en  Grèce. En Turquie le régime du président Recep Tayyip Erdogan musèle la presse ce qui n'empêchera pas, en ce 3 mai, le Syndicat turc des journalistes (TGS) de publier un journal (Journal arrêté) réalisé par des journalistes poursuivis en Turquie. Il sera distribué dans les rues de trois grandes villes : Istanbul, Ankara et Izmir.  En Somalie, au Yémen, en Egypte, en Chine, dans trop de pays du monde, le journaliste s'expose, se transforme en cible quand il en enquête et veut témoigner. En ce 3 mai, la Cfdt Journalistes a une pensée spéciale pour ces collègues en première ligne pour remplir leurs missions au péril de leur vie.

Publié le : 
Lundi, 1 Mai, 2017