Les chiffres 2013 de la carte de presse : féminisation et précarité

 

La mixité approche, la précarisation s’accroît, Paris demeure le cœur de la profession, les parcours qui mènent au métier restent divers. ( La CCIJP vient de communiquer aux élus ses statistiques au 3 janvier 2014 (*).

36823 cartes de presse ont été délivrées en 2013. Des renouvellements pour l’essentiel : 35107, pour 1716 premières demandes accordées. Ce nombre total montre une grande stabilité depuis 4 ans (moins de 1% de variation). Mais il recouvre des évolutions observées depuis 10 ans et qui se poursuivent :

- la part des femmes grandit (16959, pour 19864 hommes)
- la part des précaires (CDD et pigistes) continue de croître régulièrement (7933, soit  21,6%. Une proportion qui explose pour les premières cartes, à 66% délivrées à des CDD ou pigistes)
- le nombre de photographes décroît encore : 886 cartes (1277 en 2007 !)
- la part des chômeurs (encore encartés**) reste autour de 5%.
- la région parisienne conserve le gros des bataillon avec 21419 journalistes encartés. Et la plus grosse proportion de précaires : ils représentent presque le quart des journalistes franciliens (24,7%).  A noter qu’Aquitaine et Midi-Pyrénées sont les 2e et 3e régions pour le nombre de pigistes ou CDD (22 à 22,5%).
- la Bretagne, 7e région de France pour sa population, est la 2e région pour le nombre total de journalistes, avec 1201 cartes de presse.
- parmi les premières demandes, la part des journalistes issus de cursus reconnus a augmenté (16,5% des premières cartes, contre une proportion de 12,3 à 14,7% les cinq années précédentes).

Isabelle Bordes (journaliste à Ouest-France) auteure de cet article est l'une des 2 élu(e)s CFDT:journalistes à la commission de la carte avec Xavier Brouet (Républicain Lorrain).
Voter CFDT au printemps 2015, une manière d'affirmer le syndicalisme non corpo. 

* ces chiffres peuvent encore varier légèrement en fonction de quelques dossiers 2013 qui resteraient à régulariser
** la CCIJP peut délivrer des cartes de journalistes en situation de chômage à ceux qui continuent d’être indemnisés ou qui suivent une formation, ou qui touchent quelques piges (chaque dossier fait l’objet d’une étude au cas par cas)