Pourquoi il faut aider Mediacités

Le nouveau pure player d'investigation locale Médiacités fait appel au financement participatif pour lancer un réseau de sites d'investigation locale, en toute indépendance. Le concepteur de ce modèle payant par abonnement, l'ancien rédacteur en chef de l'Express Jacques Trentesaux, est un journaliste engagé à la CFDT.

Après Mediapart, après Les Jours, un site internet d’information payant et indépendant lancé par huit anciens journalistes de Libération, après Explicite, un média à suivre uniquement sur les réseaux sociaux et que l'on doit à d'autres ex d' iTélé, un petit groupe de journalistes dont quatre issus du service Villes de l' Express se jettent à l'eau avec Mediacités.Ce site d'enquête et d'investigation sans concession mise sur la qualité de l'information. Merci Vincent Bolloré, Patrick Drahi et consorts, grâce à vous les journalistes innovent.

Jacques Trentesaux, rédacteur en chef du service « Villes » de l'Express jusqu'en mai 2016, a eu l'idée de Médiacités. Passé par La CroixLiaisons sociales Magazine et Enjeux-Les Échos, il  est un adhérent de l' USJ-CFDT de longue date. Le projet de Médiacités lancé à Lille le 1er décembre 2016, bientôt dans d'autres villes (Nantes, Toulouse, Lyon), est le fruit d'une longue expérience de terrain, d'une réflexion l'ayant conduit à concevoir un nouveau modèle d'entreprises de presse écrite.

Journalistes CFDT : en quoi Médiacités porte la marque de ton engagement syndical ?

C'est un engagement personnel, professionnel et syndical qui recoupent les valeurs portées par le syndicalisme. L'objectif est de remettre l'enquête dans les grandes villes sachant que le socle du métier est de publier l'information. Je le ferai avec des gens maltraités, les journalistes pigistes, les isolés, qui constituent le dernier maillon de la chaîne. Je fais le pari de la compétence,avec un paiement en (bons) salaires, pour des articles à forte valeur ajoutée.

La relation entre les lecteurs et les journalistes s'est détériorée. Comment la rétablir ?

Il n'est pas sain que le journaliste soit vu d'un aussi mauvais œil. La côte de désamour se manifeste par une absence de confiance, un reproche face à la médiocrité parfois. Le lecteur se détourne, s'oriente vers d'autres sources. Pour contrer la spirale négative, il faut jouer la carte de la proximité, proposer un média au service du lecteur, avec la publication des comptes et l'indépendance financière, en se passant de la publicité. Il faut expliquer au public comment on enquête, comment on choisit un sujet.

Quelles sont les motivations de l'équipe ?

Il faut redorer le blason du journalisme, lutter contre la précarité des journalistes, créer de l'emploi. En contrepartie, ceux qui demandent un journalisme d' investigation sans concession donnent un peu d'argent pour bénéficier d'une information vérifiée qui ne pollue pas l'esprit, ce qui est le cas quand une information est mauvaise ou incomplète. Le lien est une force. Médiacités va au contact de ses lecteurs. Nous organisons le 4 avril le deuxième débat sur médias et démocratie.

Tu as quitté L' Express après le rachat par Patrick Drahi. Comment cela s'est-il passé ?

Le plan social comportait 250 départs dans des conditions nouvelles. Nous avons en fait vécu un dysfonctionnement du capitalisme.Avec l'intersyndicale, nous avons sauvé 30 emplois. Aujourd'hui, si je peux en créer un, je serai ravi.

- Si vous voulez aider Médiacités en participant à la campagne de financement participatif : https://fr.ulule.com/mediacites/

 

Publié le : 
Vendredi, 24 Mars, 2017