Solidarité avec les journalistes guinéens

Arrêté en début de semaine dernière par la gendarmerie sur ordre du procureur pour offense au chef de l’État et de diffusion de fausses nouvelles, Aboubacar Camara, est accusé d'avoir diffusé un communiqué annonçant le décès du Président Alpha Condé. Il a fini par être relaĉhé. Mais si l’administrateur général du groupe de presse Gangan est libre, il a tout de même été inculpé.
Pour s'être rendu à la gendarmerie le 31 octobre dernier pour demander de ses nouvelles et camper sur place, un groupe d'une vingtaine de journalistes conduits par le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a subi des violences à coups de matraques, de crosses et de ceinturons. Au total, 18 blessés dont 5 graves, et du matériel de travail endommagés durant ces brutalités, témoigne Sidi Diallo au nom du syndicat guinéen.
La tension entre les autorités et la presse s'est traduite par la coupure du signal de la radio Gangan FM et auparavant par la suspension durant une semaine de la radio Espace FM. Pour le SPPG : « ces actes nous montre juste un acharnement  contre la presse privée guinéenne. » En réponse, une marche de journalistes de la presse publique et privée était organisée ce mardi par les associations de journalistes pour protester contre les décisions de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et contre les violences.

Une convention collective pour assainir l'exercice de la profession

A Lyon, lors d'un récent colloque organisé par l'association Reporters solidaires sur la presse francophone Bangaly Camara, Directeur de l’Institut Supérieur de la Communication de Kountiya (ISIC) de Conakry, a souligné l’absence de volonté politique des autorités et des patrons de presse pour mettre en place une convention collective pour les journalistes destinée à assainir l'exercice de la profession.

La CFDT Journalistes proteste vigoureusement contre toutes les tentatives d'intimidation de la presse et des médias par les autorités guinéennes et apporte son soutien aux professionnels de l'information de Guinée Conakry dans leurs efforts pour l'émergence d'une presse libre et indépendante.


Des centaines de journalistes ont manifesté mardi à Conakry lors d'une marche de la « colère » contre les violences exercées à l'encontre de plusieurs d'entre eux le 31 octobre et l'attitude de la Haute autorité de la communication face à ces exactions. Photo SPPG.

Publié le : 
Mercredi, 8 Novembre, 2017