Un cinquième journaliste convoqué à la Sécurité intérieure : ils remettent le couvert !

Pour son travail journalistique sur l’affaire Benalla, ex-collaborateur du président Emmanuel Macron, Ariane Chemin, journaliste au Monde, est convoquée dans quelques jours par Direction générale de la sécurité intérieure française (DGSI), sous le statut d’une audition libre. C'est-à-dire comme individu, sans la protection du statut de journaliste.

Cela avait déjà été le cas à la mi-mai pour les fondateurs du média en ligne Disclose et d’un journaliste de la cellule d’investigation de France Inter. Ils avaient révélé l’existence d'une "note confidentielle défense" concernant la livraison d'armes françaises employées lors du conflit au Yémen.

L’enquête diligentée par la DGSI porterait sur les articles d’Ariane Chemin ayant trait au scandale provoqué par les violences commises par Alexandre Benalla lors d’une manifestation le 1er Mai à Paris puis par son rôle d’intermédiaire grâce à la délivrance de passeports diplomatiques. Le Monde avait cité le nom d’un sous-officier de l'armée de l'air, membre de la garde rapprochée d'un homme d'affaires russe.

La CFDT-Journalistes, avec les autres syndicats français et la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) réunis à Tallinn (Estonie) les 9 et mai derniers avaient solennellement appelé le chef de l’État français et son gouvernement "à respecter la liberté de la presse, la protection des sources sans laquelle il n’y a pas de démocratie."

Devant cette nouvelle forme d’intimidation à l’encontre de professionnels de l’information, la CFDT-Journalistes dénonce une procédure dont le but inavoué est de faire taire les journalistes dans l'exercice de leur mission d'informer, pourtant garantie par la Charte du Conseil de l'Europe et la loi française du 4 janvier 2010, intégrée dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

 

 

 

 

 

Publié le : 
Mercredi, 22 Mai, 2019
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