Congo : des journalistes de l’AFP et du Monde agressés

Deux journalistes de l’Agence France Presse (AFP) et un journaliste du quotidien français « Le Monde » ont été agressés mercredi 23 mars dans la capitale congolaise, Brazzaville, par des hommes se présentant comme des policiers à l’occasion de l’élection présidentielle.

Les Fédérations internationale et européenne des journalistes, (FIJ et FEJ), et leurs affiliés français (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes) condamnent l’agression et demandent au gouvernement d’assurer la sécurité des journalistes sur le terrain pour garantir une couverture transparente des élections.

L’envoyé spécial du « Monde », Christophe Châtelot, et deux journalistes de l’AFP, tous accrédités pour couvrir le premier tour de l’élection présidentielle de dimanche, ont été agressés mercredi dernier par quatre individus en civil descendus d'un véhicule 4x4 blanc qui les a arrêtés à un rond-point, près du domicile du général Jean-Marie Michel Mokoko, candidat de l'opposition à la Présidentielle. Ce dernier venait de contester lors d'un point-presse les résultats préliminaires officiels du scrutin, donnant vainqueur à ce stade le président sortant Denis Sassou NGuesso avec plus de 67% des voix.

Les hommes se sont présentés comme des policiers, mais ont refusé de présenter leurs cartes professionnelles, comme l'ont demandé les journalistes. Les reporters français ont été molesté, frappés notamment au visage, et ont été dépouillés de leur matériel professionnel - caméra - et affaires personnelles -téléphones, papiers d'identité. Ils ont finalement récupéré jeudi la majeure partie de leurs affaires. Il manquait néanmoins les deux cartes mémoire de la caméra de l'AFP sur lesquelles avait été enregistrée, entre autres, le point-presse du général Mokoko.

La FIJ/FEJ, représentant 600.000 journalistes dans le monde, et ses affiliés français sont solidaires de ses consœurs et confrères de l’AFP et du « Monde ». Elles réaffirment leur volonté de lutter contre toutes formes d’impunité et demandent fermement des autorités congolaises que les auteurs de cette agression soient retrouvés, jugés et condamnés.