FPPR – PHR. Nouvelle grille des journalistes : le compte n'y est pas !

Pour les patrons de la PHR, le travail des journalistes ne vaut rien. Ou pas grand-chose...

 

Faut-il encore soutenir la branche PHR ou la laisser se faire absorber par une nouvelle structure « Presse en région », qui pourrait regrouper les quotidiens régionaux, départementaux et les hebdomadaires ? La question se pose clairement après l'ultime réunion de négociation qui s'est déroulée le 20 janvier dernier au siège de la SPHR à Paris, et qui aboutit à une augmentation a minima de la grille des journalistes, sans aucune révision des classifications de postes.
Du côté des organisations syndicales, cette négociation était abordée avec une certaine confiance, après la signature, l'an passé, d'une nouvelle grille des employés et ouvriers en hausse de plus de 6 % en moyenne. Mais entre-temps, le vent a tourné, et les négociateurs se sont heurtés à un véritable mur côté patronal : non à l'augmentation des salaires de base, même si dans la réalité de nombreux journalistes n'en bénéficieraient qu'à la marge, sur le calcul de l'ancienneté ; non à l'intégration des tâches web dans les classifications ; non au paiement des fonctions bi-médias...

Pourtant, dans les rédactions de nos hebdomadaires, le web est devenu une tâche chronophage, qui s'ajoute à une charge de travail déjà conséquente pour les journalistes. Tâche dont la difficulté est totalement niée par les éditeurs alors que la gestion du « flux » des informations en continu transforme radicalement la nature du journaliste de PHR, auquel on demande la même réactivité que ses confrères du quotidien dans cette « course aux clics » qui les rend fous. Pour les patrons, sachez-le, ce travail ne vaut rien !

Au final, les journalistes de PHR devront donc se contenter d'une revalorisation de grille de 3,54 % en moyenne au 1er juillet 2017. Il y avait urgence à agir, car depuis le 1er janvier 2017, ce sont les quatre premiers indices de la grille (112, 115, 120 et 125) qui ont été rattrapés par le salaire minimum de branche (SMPG), fixé à 1554,32 €. Ce document est mis à la signature des organisations syndicales jusqu'à la fin du mois de février.

Pour CFDT-Journalistes, le compte n'y est pas et cette revalorisation insuffisante est le signe du plus grand mépris des patrons pour des journalistes jugés plus que jamais usables et corvéables à merci.

A noter : les indices de cette nouvelle grille vont de 410 à 615, pour une valeur de point de 3.88 euros, mais les indices 112 et 115 (stagiaires) et 120 et 125 ont été fondus.

NAO : un autre zéro

Sur la NAO (négociation annuelle obligatoire), alors que la dernière augmentation de branche remonte à mai 2014, la proposition patronale est là encore de... 0 %. Difficile à accepter pour les organistions syndicales qui avaient pourtant émis des propositions plus que raisonnables, oscillant entre +0,5 et +1 % alors que l'inflation est de 0,6 %.

La prochaine réunion est prévue le 24 février. Mais puisqu'il n'y a rien à négocier, il y a de fortes chances que les représentants de la CFDT décident de ne pas y participer.