Guinée-Conakry : émotion après la condamnation d'un journaliste

C'est dans une déclaration rendue publique ce vendredi 24 juin, que le syndicat de la Presse Privée de Guinée(SPPG), a exprimé son indignation contre un antécédent dangereux pour la liberté d'expression, après la condamnation du journaliste Bouya Kébé, de la Radio Milo FM de Kankan, pour dit-on, complicité d’outrage contre le chef de l’Etat, par le Tribunal de Première Instance de Kankan, assortie du paiement d’une amende d’un million de francs guinéens.

Le Secrétaire Général du SPPG, Sidi Diallo, a dénoncé les circonstances dans lesquelles le journaliste a été condamné "le crime si c’en est un, de notre  confrère n’aura été que de passer un auditeur dans son émission interactive au cours de laquelle, ce dernier aurait proféré des propos outrageux à l’encontre du président de la République. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, le procureur avait  intimé au   journaliste, l’ordre de rechercher  l’auditeur en question dont il n’ignorait pourtant pas l’identité" s'est-il insurgé.

Il a en outre dénoncé les cas perpétuels d'intimidations et d'agressions dont sont victimes les journalistes en plein exercice de  leur métier, mais aussi, il s'est interrogé sur l'attitude de la Haute Autorité de la Communication, par rapport à cette situation " l’instance de régulation des médias, face à ses agressions répétées contre les professionnels de la presse. Le syndicat s’inquiète aussi face à l’indifférence des associations patronales de presse'' s'est-il étonné.

Sidi Diallo a également pointé du doigt une régression de la liberté d'expression, notamment avec un durcissement des textes de lois en cours d’adoption sur la liberté de la presse, à l’Assemblée nationale.

Enfin, il a lancé un appel à l'Etat à prendre ses responsabilités ''le syndicat interpelle les autorités  administratives, les associations patronales de presse, ainsi que l’opinion nationale et internationale sur ces agissements devenus récurrents  contre les hommes de médias, qui ne favorisent aucunement le libre d’exercice de la profession du journaliste en Guinée" a-t-il conclu.

Salématou DIALLO pour GCI

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25.06.2016