PHR > Grille des journalistes : négociation au point mort

De qui se moquent les patrons de la Presse hebdomadaire régionale ?

Après l'entrée en vigueur au 1er juillet 2015 d'une nouvelle grille des salaires pour les employés et ouvriers de la PHR, ayant abouti sur une augmentation moyenne des minima d'environ 6%, la négociation sur la grille des journalistes s'est ouverte au mois de septembre dernier avec la remise des propositions (assez proches) des représentants de la CFDT, du SNJ et du SNJ-CGT.

Ridiculement basse, la contre-proposition patronale a été rejetée par l'ensemble des syndicats lors de la dernière réunion. Une nouvelle séance de négociation était prévue ce jeudi 7 mars, annulée au dernier moment par un mail de ​Bruno Hocquart de Turtot, le président de la Commission Sociale​, dont voici la teneur :

"Lors de la dernière réunion de négociation sur la grille journalistes en PHR, vous avez rejeté la proposition de la délégation patronale, jugeant qu'elle était largement insuffisante à satisfaire vos mandants, notamment au regard de la revalorisation de la grille employés négociée en 2015.

Nous souhaitions vous rencontrer à nouveau, comme prévu le jeudi 7 avril, pour vous faire une nouvelle proposition quelque peu améliorée... en raison notamment du rétablissement, que nous espérions, de la publication dans nos journaux des annonces de ventes de fonds de commerce.

A ce jour, face à une situation générale de nos titres qui continue à se dégrader, nous ne disposons d'aucune marge de manœuvre à même de permettre une avancée significative sur cette grille journalistes, d'autant plus que nous n'avons aucune certitude sur le dossier vente de fonds de commerce toujours en discussion au Parlement.

Aussi, nous préférons annuler la réunion prévue demain 7 avril, afin de nous donner le recul nécessaire à une analyse complète de la situation de nos publications et de disposer de perspectives plus précises sur le devenir à court et moyen terme des AJL.

Nous reprendrons contact avec vous début juin car nous n'excluons pas de vous proposer une rencontre avant l'été afin de faire un tour d'horizon général et d'examiner les conditions d'une reprise éventuelle de nos négociations sur la grille journalistes."

Dans sa réponse, Dominique Préhu, responsable de la commission négociations, a exprimé le mécontentement de l’Union Syndicale des Journalistes CFDT quant à l’annulation de dernière minute de cette négociation, rappelant au passage quelques règles aux patrons :

"Je vous rappelle que nos négociateurs sont tenus d’avertir un mois à l’avance leurs supérieurs de la tenue de négociations nationales. En l’occurrence, notre représentant syndical a posé une journée pour pouvoir participer à la réunion de négociation du 7 avril (...) L’annulation in extremis de cette négociation a fait perdre son temps à cet élu, sans parler des frais engagés par l’USJ CFDT.

Cette annulation me paraît pour le moins « légère » et je m’en étonne. La PHR ne nous a pas habitués à de telles pratiques.

Il devient si difficile de convaincre les patrons de presse d’accorder leurs heures de délégations à leurs salariés ! Un tel comportement de la part des patrons de la presse hebdomadaire régionale n’est pas admissible. Je vous propose d’indiquer rapidement une nouvelle date pour cette négociation, respectant les délais : au moins un mois et une semaine à l’avance."

 
Ceci étant, CFDT-Journaliste demande que cette négociations soit conduite avec davantage de sérieux et d'attention de la part des patrons de la PHR et rappelle que dans les entreprises de cette branche, la grille de rémunération des journalistes n'est pas très éloignée de celle des ouvriers et employés, et qu'elle est actuellement écrasée, sur ses premiers échelons, par le SMPG (minimum garanti à SMIC + 5%). Il serait donc juste et cohérent d'aboutir rapidement à une revalorisation a peu près équivalente à celle de la grille des ouvriers et employés.