Quel journalisme voulons-nous ?

Quelles sont les valeurs et les positions de la CFDT-Journalistes ? Voici un résumé du rapport d'orientation approuvé lors de leur assemblée générale, tenue les 19 et 20 mars 2013 à Paris.

Refonder une éthique professionnelle

L'accès à la connaissance induit par la publication des informations recueillies, vérifiées et recoupées donne au journaliste une importance et une responsabilité majeures dans la constitution d'une opinion publique.

La mise en perspective des informations et leur hiérarchisation sont deux facteurs indissociables de l'activité journalistique, indépendamment de toute contrainte technique.

Par son travail, le journaliste est acteur, consciemment ou non :

  • Il met en lumière des événements qui participent du rapport au monde des citoyens  et de leur compréhension pour qu'ils se forgent leur propre opinion;
  • Pour la CFDT, c'est cette contribution à la cohésion sociale, et plus généralement à sa responsabilité envers la cité, qui donne sens et légitimité à ses droits professionnels.

Indépendance et déontologie

La presse est un réel vecteur de démocratie et un facteur de cohésion sociale, mais que pour cela, elle doit être garante d'une opinion pluraliste conformément à la charte de Munich (de 1971). Elle souligne que c'est aussi de la responsabilité de chaque journaliste de respecter les règles déontologiques et de résister aux dérives qui pourraient leur être imposées.

Face à la constitution de groupes de médias qui contournent de plus en plus ouvertement la loi sur la concentration, la CFDT reste attachée à la pluralité des titre.

Non au « journalisme shiva »

La CFDT porte une politique revendicative exigeante face aux conditions d'exercice de la profession, opposée à un « journalisme shiva » qui compromet la qualité du travail. La question de la réorganisation du temps de travail au sein des rédactions remise en cause par certains employeurs devient un enjeu syndical de plus en plus prégnant.

Le développement d'outils de plus en plus « conviviaux », la suppression d'emplois à la périphérie des rédactions (notamment mise en page) font peser un triple risque sur la profession : celui d'une trop grande prise en charge de tâches techniques, celui du mélange des genres et celui de l'alourdissement des tâches des journalistes.

Multimédia – Carte de presse

Dans la convention collective, des avenants doivent être négociés pour les journalistes du « net » ou du multimédia comme ce fut le cas en son temps pour l'audiovisuel ou les radios locales. A la Commission de la carte, la reconnaissance du statut de journaliste ne peut être limitée à une application restrictive des trois critères prévus par la loi (profession de journaliste, entreprise de presse, rémunération issue majoritairement issue d'une telle entreprise). La CCIJP doit tenir compte des évolutions de la profession et des entreprises sans pour autant cautionner les dérives impulsées par les employeurs.

Rémunérations

Les journalistes CFDT revendiquent l'ouverture de négociations sur la classification des postes dans toutes les formes de presse écrite, audiovisuelle et internet, en soulignant la nécessaire reconnaissance des compétences et la revalorisation urgente des rémunérations.

Les aides à la presse

L’État doit cesser d'accorder des aides aux patrons de presse au motif de moderniser l'outil industriel. Les aides à la presse doivent être massivement concentrées sur les solutions à mettre en place pour résoudre la crise et la perte de lectorat. Elles sont d'abord rédactionnelles et concernent l'emploi des journalistes et des métiers recensés dans la chaîne de l'information. Elles doivent être clairement assorties de condition en matière sociale, notamment de maintient de l'emploi.

 

En conclusion, même si la profession traverse une crise grave, nous y sommes fortement attachés, et sommes fiers d'être journalistes, fiers d'être journalistes-CFDT.